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Emploi / Formation

Index égalité femmes-hommes : qui doit le calculer et comment s'y prendre

Publié le 22 juillet 2026, 4 min de lecture

Réunion en entreprise autour de l'égalité salariale femmes-hommes

Une salariée demande un jour pourquoi votre entreprise n'affiche jamais son index égalité femmes-hommes sur son site internet, et personne en RH ne sait vraiment répondre. Cette situation touche des milliers de PME chaque année : l'obligation existe depuis 2019, elle est assortie de sanctions financières réelles, et beaucoup d'employeurs franchissent le seuil qui les concerne sans même s'en apercevoir. Voici qui doit calculer cet index, comment le score se construit, et ce que vous risquez si vous l'ignorez.

Qu'est-ce que l'index de l'égalité professionnelle femmes-hommes ?

L'index de l'égalité professionnelle femmes-hommes est une note sur 100 points que certaines entreprises doivent calculer chaque année et publier sur leur site internet. Il a été instauré par la loi Avenir professionnel du 5 septembre 2018 et précisé par un décret du 8 janvier 2019, avec un objectif simple : forcer les employeurs à mesurer, noir sur blanc, les écarts de rémunération et de progression de carrière entre femmes et hommes, plutôt que de se contenter de bonnes intentions.

Le score se construit à partir de quatre ou cinq indicateurs selon la taille de l'entreprise, chacun rapportant un nombre de points. En dessous d'un certain total, l'entreprise doit corriger la situation dans un délai fixé, sous peine de pénalité financière. Ce n'est donc pas un exercice de communication facultatif, mais une obligation légale avec un vrai risque à la clé en cas d'inaction.

Qui est concerné : le seuil des 50 salariés à ne pas prendre à la légère

Toutes les entreprises d'au moins 50 salariés sont soumises à cette obligation, quel que soit leur secteur d'activité. L'effectif se calcule selon les règles habituelles du Code du travail : une moyenne mensuelle sur les douze mois précédents, tous établissements confondus lorsque l'entreprise en compte plusieurs, et au prorata du temps de travail pour les salariés à temps partiel. Une entreprise qui compte 45 salariés à temps plein et quelques temps partiels peut ainsi franchir le seuil sans que personne n'ait fait le calcul officiellement.

Ce franchissement n'est pas anodin : une fois le seuil de 50 salariés atteint pendant douze mois consécutifs, l'obligation s'applique dès l'année suivante. Beaucoup de PME en forte croissance découvrent cette contrainte au moment de leur première embauche au-delà de la barre symbolique, souvent en même temps qu'elles découvrent d'autres obligations sociales qui s'enclenchent au même seuil. Cette logique de transparence n'est d'ailleurs pas isolée : elle rejoint un mouvement plus large autour des avantages de la transparence salariale dans les entreprises modernes, que la réglementation européenne va encore renforcer dans les prochaines années.

Les unités économiques et sociales (UES) regroupant plusieurs sociétés juridiquement distinctes mais fonctionnant comme un seul employeur doivent également calculer un index unique, dès lors que l'effectif cumulé atteint 50 salariés. À l'inverse, une entreprise de 48 ou 49 salariés reste hors du champ de l'obligation, mais a intérêt à anticiper le calcul avant que le seuil ne soit franchi, pour ne pas se retrouver au pied du mur au premier mars suivant.

Les indicateurs qui composent la note sur 100

Le nombre d'indicateurs et leur pondération dépendent de la taille de l'entreprise. Les entreprises de 50 à 249 salariés calculent quatre indicateurs, tandis que celles de 250 salariés et plus en calculent cinq, un indicateur supplémentaire sur les promotions venant s'ajouter. Les données sources proviennent directement de la paie : rémunérations brutes, primes, augmentations et promotions de l'année de référence, ce qui suppose une extraction fiable à partir des bulletins de salaire. D'ailleurs, si vous avez un doute sur les éléments qui doivent figurer sur ces documents, notre page sur les mentions obligatoires d'une fiche de paie pose les bases utiles avant tout calcul d'index.

IndicateurPoints maximumEntreprises concernées
Écart de rémunération femmes-hommes40 pointsToutes (50 salariés et plus)
Écart de taux d'augmentations individuelles20 points250 salariés et plus
Écart de taux d'augmentations et de promotions cumulé35 points50 à 249 salariés
Écart de taux de promotions15 points250 salariés et plus
Pourcentage de salariées augmentées au retour de congé maternité15 pointsToutes (50 salariés et plus)
Nombre de salariés du sexe sous-représenté parmi les 10 plus hautes rémunérations10 pointsToutes (50 salariés et plus)

Le total des points obtenus donne la note finale sur 100. Certains indicateurs ne sont pas calculables faute de données suffisantes (trop peu de salariés dans une catégorie comparable, par exemple) : dans ce cas, l'entreprise est notée uniquement sur les indicateurs calculables, ramenés sur 100 points au prorata.

Votre entreprise est-elle concernée ? Simulateur de repérage

Avant de vous lancer dans le calcul détaillé, un premier réflexe simple consiste à vérifier si votre effectif place déjà votre entreprise dans le champ de l'obligation, et si oui, avec combien d'indicateurs. Le simulateur ci-dessous donne cette première indication à partir du seul effectif saisi.

Suis-je concerné par l'index égalité femmes-hommes ?

Ce simulateur ne fournit qu'un repérage à partir de l'effectif seul : il ne remplace en aucun cas le calcul officiel de l'index, qui repose sur des données de paie détaillées (rémunérations par tranche d'âge et catégorie de poste, augmentations individuelles, promotions) et se réalise via la plateforme Egapro du ministère du Travail. Considérez-le comme un point de départ pour savoir si le sujet vous concerne, pas comme un résultat à publier.

Calendrier : quand et où publier votre index

L'index doit être calculé sur les douze mois précédents et publié chaque année au plus tard le 1er mars. La publication se fait à deux niveaux : sur le site internet de l'entreprise, de manière visible et accessible sans avoir à chercher (page d'accueil ou onglet clairement identifié), et sur le site du ministère du Travail via la plateforme Egapro, où l'entreprise déclare sa note et, depuis 2023, le détail de chaque indicateur. La note doit rester affichée sur le site de l'entreprise jusqu'à la publication de l'index de l'année suivante.

Les entreprises dépourvues de site internet doivent porter la note à la connaissance des salariés par tout moyen approprié, note d'affichage ou intranet notamment. L'entreprise transmet également son index au comité social et économique et à la Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DREETS) de son siège. Sur la mise en ligne de données, gardez à l'esprit que la publication de résultats par tranche d'âge ou de poste doit rester compatible avec les obligations que le RGPD impose aux petites entreprises, notamment en évitant de publier des données permettant d'identifier un salarié précis.

Sanctions : ce que vous risquez en cas de score insuffisant ou d'absence de publication

Deux situations distinctes exposent l'entreprise à une pénalité financière pouvant atteindre 1 % de la masse salariale annuelle. La première est l'absence pure et simple de publication de l'index dans les délais : l'inspection du travail peut alors mettre l'entreprise en demeure, puis appliquer la pénalité si la situation perdure. La seconde concerne les entreprises dont le score est inférieur à 75 points sur 100 : elles disposent d'un délai de trois ans pour mettre en place des mesures correctives et atteindre ce seuil, faute de quoi la pénalité s'applique également.

Depuis 2022, une obligation intermédiaire s'ajoute pour les scores compris entre 75 et 85 points : l'entreprise doit publier des objectifs de progression pour chaque indicateur qui n'obtient pas la note maximale, en plus des mesures de correction pour les indicateurs les plus faibles. Un score honorable sur le papier n'exempte donc pas de montrer une trajectoire d'amélioration continue. À titre de repère, les données publiées par le ministère du Travail situent la moyenne nationale autour de 88 points sur 100 ces dernières années, ce qui laisse encore une part significative d'entreprises sous le seuil des 75 points, exposées au risque de pénalité.

Le simulateur officiel existe déjà

Le ministère du Travail met à disposition, sur la plateforme Egapro, un simulateur de calcul officiel gratuit qui intègre toutes les règles de pondération et les cas particuliers (effectifs insuffisants, indicateurs non calculables). Le mini-outil de cette page ne sert qu'à un premier repérage par effectif : pour le calcul réel de votre note, passez toujours par l'outil officiel avec vos données de paie exactes.

Comment améliorer son score concrètement

Un score fragile ne se corrige pas par une simple communication interne, il demande des actions mesurables. La première piste consiste à revoir la grille de rémunération à l'embauche et lors des augmentations, en objectivant les critères (ancienneté, compétences, résultats) plutôt que de laisser une part de négociation individuelle qui joue historiquement en défaveur des femmes. La seconde consiste à flécher une enveloppe de rattrapage salarial dédiée, distincte de l'enveloppe générale d'augmentation, pour corriger les écarts constatés poste par poste.

Le retour de congé maternité mérite une attention particulière : automatiser la vérification qu'aucune salariée ne revient sans l'augmentation moyenne de sa catégorie évite un indicateur perdu presque par négligence administrative. Enfin, la formation joue un rôle sous-estimé dans la progression de carrière des femmes vers des postes à responsabilité : structurer un véritable plan de développement des compétences qui cible aussi les postes historiquement masculins ouvre des trajectoires de promotion plus équilibrées, et pèse directement sur l'indicateur des hautes rémunérations.

Sur le plan des promotions, un audit annuel des critères de sélection (qui postule, qui est retenu, sur quels critères) permet souvent de repérer des biais invisibles dans le processus lui-même, avant même de regarder les chiffres finaux. Ces ajustements demandent du temps, ce qui justifie le délai de trois ans accordé par la loi, mais plus l'entreprise agit tôt, moins la pénalité devient une menace crédible.

À retenir

  • L'index égalité femmes-hommes concerne toutes les entreprises d'au moins 50 salariés, calculé sur 4 ou 5 indicateurs selon la taille.
  • La note doit être publiée chaque année avant le 1er mars, sur le site de l'entreprise et sur la plateforme Egapro du ministère du Travail.
  • Un score sous 75 points impose des mesures correctives sous 3 ans, sous peine d'une pénalité pouvant atteindre 1 % de la masse salariale.
  • L'absence de publication est sanctionnée au même titre qu'un score insuffisant : mieux vaut publier un score imparfait qu'aucun score.

Que vous veniez de franchir le seuil des 50 salariés ou que vous cherchiez à redresser un score décevant, l'essentiel est de traiter ce sujet comme une obligation à part entière, au même titre que les autres échéances sociales de l'entreprise. Et si votre réflexion sur l'égalité professionnelle s'étend au-delà de l'index réglementaire, notre page sur les aides et réseaux dédiés à la création d'entreprise au féminin peut intéresser les dirigeantes qui cherchent des relais concrets pour leur propre parcours entrepreneurial.