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Conditions générales de vente : quelles mentions sont obligatoires ?

Publié le 7 octobre 2025, 8 min de lecture

Quelles mentions doivent figurer dans des conditions générales de vente ?

Chaque année, des milliers d'entreprises françaises font face à des litiges commerciaux qui auraient pu être évités avec des conditions générales de vente correctement rédigées. Un client qui conteste la livraison, un acheteur qui refuse de payer la totalité d'une facture, un partenaire qui se rétracte au dernier moment : dans tous ces cas, ce sont les CGV qui déterminent qui a raison et sur quelle base. Rédiger ses conditions générales de vente n'est donc pas une simple formalité administrative : c'est poser le cadre juridique qui protège concrètement votre activité.

L'identification précise de l'entreprise, première obligation des CGV

Les conditions générales de vente doivent commencer par l'identification complète du vendeur. Ce n'est pas une question de forme mais de fond : le client a le droit de savoir exactement avec qui il contracte avant de s'engager. Cette identification doit inclure la dénomination sociale exacte (telle qu'elle figure au registre du commerce), le numéro SIRET ou SIREN, l'adresse du siège social, les coordonnées de contact (téléphone et adresse e-mail à minima), et le numéro de TVA intracommunautaire pour les entreprises assujetties.

Pour les professionnels exerçant une activité réglementée (expert-comptable, avocat, agent immobilier, etc.), il faut également mentionner le numéro d'inscription à l'ordre ou à la chambre professionnelle compétente, ainsi que le nom de l'assureur de responsabilité civile professionnelle. Ces informations ont un double rôle : elles rassurent le client sur la légitimité du vendeur, et elles conditionnent la validité de certaines clauses en cas de litige.

Pour les entreprises qui vendent à distance, notamment via un site e-commerce, l'article L221-5 du Code de la consommation impose des obligations renforcées d'information précontractuelle. Le client doit disposer de toutes ces informations avant de valider sa commande, pas seulement au moment de télécharger un PDF de CGV.

Les informations sur le produit ou le service : précision et complétude obligatoires

La description du bien ou du service vendu est au coeur des mentions obligatoires des CGV. Cette section doit permettre à l'acheteur de comprendre précisément ce qu'il achète, sans qu'aucune caractéristique essentielle ne soit laissée dans le vague. Pour un produit physique : dimensions, matériaux, composition, certifications éventuelles, compatibilités, contre-indications. Pour un service : périmètre exact de la prestation, délais d'exécution, résultats attendus, livrables prévus, conditions de réception.

L'importance de cette section est souvent sous-estimée jusqu'au premier litige. Quand un client estime ne pas avoir reçu ce qu'il a payé, c'est la description contractuelle qui sert de référence. Si elle est vague ou incomplète, le tribunal interprétera le contrat dans le sens le plus favorable au consommateur, ce qui expose le professionnel à des risques importants. Mieux vaut donc être trop précis que trop succinct.

Si votre offre inclut une garantie commerciale (en plus de la garantie légale obligatoire), ses conditions doivent être détaillées : durée, étendue, exclusions, modalités d'activation, interlocuteur à contacter. Une garantie non formalisée dans les CGV peut être revendiquée par le client sur la base d'une promesse verbale ou d'un e-mail commercial, ce qui crée des situations délicates difficiles à contester.

MentionObligatoire B2CObligatoire B2BRisque si absente
Identité du vendeurOuiOuiNullité potentielle du contrat
Description du produit/serviceOuiOuiInterprétation défavorable en litige
Prix TTCOuiNon (HT possible)Sanction DGCCRF jusqu'à 15 000 €
Délai de livraisonOuiRecommandéRésolution du contrat possible
Droit de rétractationOui (vente à distance)Non applicableExtension à 12 mois du délai
Médiateur à la consommationOuiNonAmende administrative

Prix, modalités de paiement et pénalités de retard

La transparence tarifaire est une obligation légale dont les contours varient selon que vous vendez à des particuliers ou à des professionnels. En B2C (vente aux consommateurs), le prix doit être indiqué en toutes taxes comprises (TTC), avec le montant de la TVA précisé séparément. En B2B, la présentation hors taxes est acceptée, mais il faut indiquer le taux de TVA applicable. Dans tous les cas, aucun frais ne peut être ajouté après la commande s'il n'était pas mentionné avant : les frais de livraison, d'emballage ou de mise en service doivent figurer explicitement dans le calcul du prix final présenté au client.

Les modalités de paiement doivent être décrites avec précision : moyens acceptés (carte bancaire, virement, prélèvement, chèque), délais de règlement, conditions d'acompte éventuelles. Pour les ventes entre professionnels, les délais de paiement sont encadrés par la loi LME : ils ne peuvent dépasser 30 jours après réception de la facture, sauf accord écrit entre les parties permettant d'aller jusqu'à 60 jours nets ou 45 jours fin de mois. Dépasser ces délais sans accord expose l'acheteur à des pénalités de retard automatiques.

Précisément : les pénalités de retard doivent figurer dans les CGV B2B. La loi impose un taux minimum égal à 3 fois le taux d'intérêt légal, avec une indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 euros par facture impayée. Ne pas mentionner ces pénalités dans vos CGV ne vous en prive pas (elles sont légalement dues dans tous les cas), mais documenter les conditions permet d'éviter tout doute en cas de contestation.

À propos des prix révisables

Dans certains secteurs (BTP, prestation longue durée, approvisionnement matières premières), il est courant de prévoir des clauses de révision de prix. Ces clauses doivent préciser l'indice de référence utilisé (indice BT01, ICC, etc.), la périodicité des révisions et le plafond éventuel. Sans ces précisions, une clause de révision de prix peut être déclarée nulle par un tribunal.

Livraison, délais et transfert de risques

La section sur la livraison est l'une de celles qui génèrent le plus de litiges en pratique. Les CGV doivent préciser les délais indicatifs et les délais maximaux (en vente à distance, un délai maximum de 30 jours s'applique si rien n'est précisé), les transporteurs utilisés, les zones géographiques desservies, les frais applicables selon le montant ou la localisation de la commande, et les procédures à suivre en cas de colis endommagé ou de non-livraison.

Le moment du transfert de risques est un point souvent oublié mais crucial. En droit français, le risque de perte ou de détérioration du bien se transfère à l'acheteur au moment de la livraison, sauf clause contraire. Pour une vente e-commerce, le risque reste chez le vendeur pendant le transport si c'est lui qui choisit le transporteur. Si c'est l'acheteur qui choisit son transporteur, le risque passe à lui dès la remise du colis. Cette distinction doit figurer dans vos CGV pour éviter toute ambiguïté en cas de problème.

Pour les prestations de services, la notion équivalente est celle de réception. Les CGV doivent décrire les conditions dans lesquelles la prestation est réputée livrée et acceptée : remise d'un livrable, signature d'un procès-verbal de réception, absence de réclamation dans un délai défini. Sans ces précisions, un client peut contester indéfiniment la conformité d'une prestation et refuser de régler le solde de la facture.

Droit de rétractation et garanties légales

En vente à distance aux consommateurs, le droit de rétractation de 14 jours est obligatoire et non négociable. Les CGV doivent mentionner ce délai, préciser à partir de quel moment il court (date de livraison pour les biens physiques, date de conclusion du contrat pour les services), et indiquer la procédure pour l'exercer (formulaire type ou déclaration non ambiguë). Si ces informations ne figurent pas dans les CGV, le délai de rétractation est automatiquement prolongé à 12 mois : une situation particulièrement contraignante pour le vendeur.

Les garanties légales doivent également être mentionnées. La garantie légale de conformité (2 ans pour les biens neufs depuis 2022, 1 an pour les biens d'occasion) protège l'acheteur contre les défauts de conformité du bien livré. La garantie contre les vices cachés offre une protection complémentaire contre les défauts non apparents lors de l'achat. Ces garanties sont d'ordre public : elles s'appliquent de plein droit et aucune clause des CGV ne peut les exclure ou les limiter pour les ventes aux consommateurs.

Simulateur : délai de rétractation restant

Clauses essentielles souvent oubliées : protection des données, médiation et droit applicable

Depuis l'entrée en vigueur du RGPD en 2018, toute entreprise collectant des données personnelles dans le cadre de sa relation commerciale doit en informer ses clients. Les CGV peuvent renvoyer vers une politique de confidentialité distincte, mais elles doivent au minimum mentionner la nature des données collectées, leur finalité et les droits des personnes concernées (accès, rectification, suppression).

La mention du médiateur à la consommation est obligatoire depuis 2016 pour tout professionnel vendant à des consommateurs. L'identité et les coordonnées du médiateur compétent doivent figurer dans les CGV, sur le site internet et sur les factures. L'absence de cette mention peut entraîner une amende administrative de 3 000 euros pour une personne physique et 15 000 euros pour une personne morale.

Enfin, préciser la loi applicable et le tribunal compétent en cas de litige est indispensable, notamment si vous travaillez avec des clients étrangers ou dans plusieurs pays. En B2B, vous pouvez généralement choisir librement le tribunal compétent. En B2C, les règles sont plus restrictives : le consommateur peut toujours saisir le tribunal de son domicile, quelle que soit la clause attributive de juridiction prévue dans les CGV.

À retenir

  • Les CGV doivent identifier précisément l'entreprise (dénomination sociale, SIRET, adresse, contact) et décrire avec exactitude les produits ou services vendus : toute ambiguïté est interprétée en défaveur du professionnel en cas de litige.
  • Le prix doit être indiqué TTC en B2C, avec tous les frais annexes (livraison, emballage) inclus dès la présentation de l'offre : aucun surcoût ne peut apparaître après la validation de la commande.
  • Le droit de rétractation de 14 jours est obligatoire en vente à distance aux consommateurs : son absence dans les CGV le prolonge automatiquement à 12 mois, ce qui expose le vendeur à des retours tardifs.
  • La mention du médiateur à la consommation, du RGPD et du droit applicable est obligatoire : ces mentions sont souvent oubliées et peuvent entraîner des amendes administratives significatives.