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Emploi / Formation

Salaires dans la logistique : ce que gagne vraiment chaque métier

Publié le 5 janvier 2023, 5 min de lecture

Le secteur de la logistique offre-t-il des rémunérations intéressantes ?

La logistique emploie plus d'un million et demi de personnes en France, mais peu de secteurs offrent une telle disparité de rémunération entre les niveaux de responsabilité. Un préparateur de commandes en intérim et un directeur supply chain d'un grand groupe de distribution ne travaillent pas dans le même univers salarial, même s'ils contribuent tous deux à la même chaîne de valeur. Voici les fourchettes réelles, les facteurs qui font varier les rémunérations et les perspectives concrètes d'évolution dans ce secteur.

Les métiers d'exécution : la réalité des salaires en entrepôt

C'est la base de la pyramide logistique et le niveau le plus représenté en termes de volume d'emploi. Les magasiniers, préparateurs de commandes, caristes et agents de quai représentent la grande majorité des effectifs du secteur.

Le salaire d'entrée d'un magasinier ou préparateur de commandes sans qualification particulière se situe généralement autour du SMIC, soit environ 1 766 euros bruts mensuels en 2024. Les primes liées aux conditions de travail (travail de nuit, week-end, froid positif ou négatif) peuvent augmenter ce total de 10 à 25 %. Un préparateur expérimenté dans un entrepôt logistique moderne, avec certification CACES (Certificat d'Aptitude à la Conduite d'Engins de Sécurité), peut atteindre 1 900 à 2 200 euros bruts mensuels.

Le cariste avec CACES 3 ou CACES 5, indispensable dans les entrepôts de grande hauteur, est mieux valorisé : entre 1 900 et 2 400 euros bruts mensuels selon l'entreprise et le secteur. Les caristes dans la logistique frigorifique ou la logistique dangereuse bénéficient de majorations supplémentaires liées aux contraintes spécifiques.

Bon à savoir

Les CACES (catégories 1, 3, 5 pour les chariots ; 1, 2, 3, 4 pour les chariots télescopiques) sont devenus incontournables pour progresser en entrepôt. Leur coût de formation, entre 600 et 1 500 euros selon la catégorie, est finançable via le CPF ou l'OPCO. C'est un investissement qui se rentabilise rapidement sur la fiche de paie.

Les métiers d'encadrement opérationnel : chef d'équipe, chef de dépôt

Le chef d'équipe logistique est la première marche de l'encadrement. Il manage un groupe de 5 à 20 opérateurs, organise les tâches, gère les priorités et assure la continuité des opérations. Sa rémunération se situe entre 2 200 et 2 800 euros bruts mensuels en début de fonction. Avec quelques années d'expérience dans un environnement complexe (e-commerce à fort volume, logistique pharmaceutique, plateforme de distribution grande distribution), ce salaire peut atteindre 3 200 euros bruts.

Le responsable d'exploitation ou chef de dépôt gère une plateforme entière ou un secteur significatif d'un entrepôt. Il supervise plusieurs chefs d'équipe, pilote des indicateurs de performance (taux de service, productivité, taux d'erreurs) et interagit avec les clients internes et externes. Sa rémunération démarre autour de 35 000 euros bruts annuels et peut atteindre 50 000 à 55 000 euros bruts selon la taille de la plateforme et le secteur.

Les métiers de pilotage intermédiaire

Le responsable logistique, dans une entreprise industrielle ou commerciale de taille intermédiaire, occupe une position pivot. Il coordonne les approvisionnements, gère les relations avec les transporteurs, optimise les flux entrants et sortants. Dans une PME, ce rôle est souvent très généraliste. Dans un grand groupe, il est plus spécialisé (transport, import/export, entreposage).

La fourchette de rémunération pour ce profil va de 35 000 à 55 000 euros bruts annuels selon l'expérience et le périmètre de responsabilité. Les profils avec une spécialisation en import/export ou en logistique internationale, avec maîtrise de l'anglais et d'un ERP (SAP, Oracle, Sage...), se situent plutôt en haut de cette fourchette.

Le coordinateur logistique, souvent position intermédiaire entre les opérationnels et le management, tourne autour de 28 000 à 40 000 euros bruts annuels. C'est un profil en forte demande dans le e-commerce et la logistique des derniers kilomètres, secteurs qui recrutent massivement depuis plusieurs années.

MétierSalaire brut annuelFacteurs de progression
Magasinier / Préparateur21 000 à 26 000 €CACES, ancienneté, horaires atypiques
Cariste CACES 3/523 000 à 29 000 €Certification, spécialisation (froid, danger)
Chef d'équipe26 000 à 38 000 €Taille d'équipe, complexité opérationnelle
Responsable d'exploitation35 000 à 55 000 €Taille plateforme, secteur d'activité
Responsable logistique Profil en demande35 000 à 55 000 €ERP, anglais, supply chain internationale
Directeur logistique / Supply chain60 000 à 150 000 €Taille groupe, périmètre international

Les postes de direction : supply chain et directeurs logistiques

Le directeur logistique d'un groupe industriel ou d'une enseigne de distribution pilote une organisation complexe. Il est responsable de l'ensemble de la chaîne : sourcing, approvisionnement, entreposage, transport, logistique inverse. Dans un groupe de taille intermédiaire (500 à 2 000 salariés), sa rémunération annuelle tourne entre 60 000 et 90 000 euros bruts. Dans un grand groupe coté, ce chiffre peut dépasser 100 000 à 150 000 euros bruts, avec des éléments variables liés aux performances.

Le directeur supply chain, profil plus stratégique encore, intègre la dimension planification de la demande, gestion des fournisseurs à l'échelle internationale et pilotage des risques de la chaîne d'approvisionnement. C'est le profil le mieux rémunéré de la filière logistique hors secteur financier, avec des packages qui peuvent intégrer variable, intéressement et avantages en nature.

Les secteurs qui paient le mieux

Tous les secteurs n'offrent pas les mêmes rémunérations pour des postes équivalents. La logistique pharmaceutique et la logistique de la défense sont parmi les mieux rémunérées, parce que les contraintes réglementaires et de sécurité sont plus fortes et que les profils qualifiés sont rares. La logistique aéronautique et la supply chain automobile bénéficient également de conventions collectives avantageuses et d'entreprises solides financièrement.

À l'inverse, la logistique de la grande distribution et du e-commerce recrutent massivement mais avec des conditions de rémunération plus serrées sur les postes opérationnels, compensées parfois par des avantages en nature (réductions sur les achats, participation) ou des perspectives d'évolution rapide pour les profils qui se distinguent.

La logistique est l'un des secteurs où la progression interne reste possible même sans diplôme à l'entrée, à condition de se former régulièrement. Les certificats professionnels, les formations continues en gestion de stock ou en management opérationnel, et les certifications ERP sont des investissements qui permettent de franchir des paliers salariaux significatifs. Pour ceux qui envisagent une reconversion vers ce secteur, le panorama des métiers porteurs donne des éléments de comparaison avec d'autres secteurs en croissance. Et si vous gérez déjà une structure avec des enjeux logistiques, notre article sur le management de projet offre des méthodes directement applicables à la coordination des opérations.

À retenir

  • Les salaires en logistique vont de 21 000 euros bruts annuels (opérateurs) à plus de 100 000 euros (directeurs supply chain de grands groupes).
  • Les CACES et les certifications ERP sont les leviers les plus efficaces pour progresser rapidement sur les premières années de carrière.
  • La logistique pharmaceutique, aéronautique et de défense offre les meilleures rémunérations pour des postes équivalents.
  • La progression interne reste possible sans diplôme initial, à condition d'investir dans la formation continue tout au long de la carrière.