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Les petits investissements qui rapportent vraiment (dès 50 euros par mois)

Publié le 1 août 2020, 10 min de lecture

Comment faire fortune ?

Cinquante euros par mois. C'est moins d'un abonnement de salle de sport et d'un repas au restaurant. Et pourtant, mis de côté et placés intelligemment pendant dix ou quinze ans, ils peuvent construire quelque chose de solide. Pas de la magie, pas un raccourci vers la richesse : juste la puissance des intérêts composés et de la régularité. Le problème, c'est que la plupart des gens pensent encore que l'investissement est réservé à ceux qui ont déjà de l'argent. Ce n'est plus vrai depuis longtemps.

Le paysage des placements accessibles a radicalement changé en dix ans. Les fintechs, la démocratisation des ETF, les plateformes de SCPI en ligne et le crowdfunding immobilier ont fait tomber les barrières à l'entrée. On peut aujourd'hui diversifier un patrimoine avec quelques centaines d'euros, sans gestionnaire de fortune et sans compte-titres complexe. Ce guide passe en revue les options les plus sérieuses, avec leurs rendements réels, leurs contraintes et les questions à se poser avant de se lancer. Si vous cherchez d'abord à mieux structurer vos flux financiers avant d'investir, la lecture de comment mieux gérer son budget pour gagner plus constitue une base utile.

Le Livret A, la base incontournable

Le Livret A n'est pas un investissement au sens strict : c'est avant tout une épargne de précaution. Mais il mérite sa place dans cette liste parce qu'il remplit un rôle que rien d'autre ne peut jouer aussi efficacement : garder trois à six mois de dépenses courantes disponibles immédiatement, sans risque, sans frais et sans impôt.

Le taux du Livret A est révisé par le gouvernement, et il oscille selon les périodes entre un et trois pour cent. Ce n'est pas de quoi s'enrichir, mais l'objectif n'est pas là. Un Livret A bien rempli, c'est ce qui vous évite de revendre vos placements en catastrophe lors d'un imprévu. C'est aussi ce qui vous permet d'investir sereinement avec le reste, parce que vous savez que vous avez un filet de sécurité.

Le plafond actuel est de 22 950 euros pour un particulier. Au-delà, le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS, 12 000 euros de plafond) fonctionne sur le même principe. Si vous n'avez pas encore atteint ces plafonds et que votre épargne de précaution est insuffisante, commencez ici avant de penser à quoi que ce soit d'autre.

L'assurance-vie en fonds euros : sécurité et souplesse

L'assurance-vie est le placement préféré des Français, et ce n'est pas par hasard. Elle cumule plusieurs avantages rarement réunis : capital garanti sur le fonds euros, fiscalité allégée après huit ans de détention, transmission facilitée hors succession. C'est un outil patrimonial complet qui peut s'ouvrir avec quelques centaines d'euros selon les contrats.

Le fonds euros d'une assurance-vie est composé majoritairement d'obligations d'État et d'entreprises. Il garantit le capital versé (hors frais de gestion) et distribue chaque année un taux de participation aux bénéfices. Ce taux varie selon les assureurs et les années : il faut s'attendre à des rendements entre un et trois pour cent nets selon les contrats et les périodes, parfois un peu plus sur les contrats les plus performants. Ce n'est pas spectaculaire, mais c'est garanti, et c'est bien au-dessus d'un compte courant.

L'avantage clé, c'est la flexibilité. Contrairement au PEL ou au plan d'épargne retraite, vous pouvez retirer vos fonds à tout moment. La fiscalité devient vraiment avantageuse après huit ans : les gains bénéficient d'un abattement annuel (4 600 euros pour une personne seule, 9 200 euros pour un couple) avant imposition. Pour une épargne de moyen ou long terme qui n'est pas bloquée, c'est difficilement battu en termes de rapport sécurité-fiscalité.

Attention aux frais : certains contrats bancaires prélèvent des frais sur versement (parfois 3 à 4 %) qui plombent le rendement. Les contrats distribués en ligne, eux, appliquent souvent zéro frais sur versement. Lisez les conditions générales avant de signer.

Les SCPI en parts fractionnées : l'immobilier sans les contraintes

Les Sociétés Civiles de Placement Immobilier permettent d'investir dans l'immobilier d'entreprise (bureaux, commerces, entrepôts, résidences de services) sans acheter un bien physique. La SCPI achète et gère un parc immobilier, et vous percevez des loyers proportionnels à votre investissement, en général chaque trimestre.

Historiquement, les SCPI affichent des taux de distribution annuels entre quatre et six pour cent, selon les années et les typologies de biens. Ces taux ne sont ni garantis ni fixes : ils dépendent du taux d'occupation des immeubles, de la santé des locataires et de l'évolution du marché immobilier. Certaines SCPI ont connu des corrections de valeur de part significatives lors de la remontée des taux en 2022-2023, ce qui rappelle que ce placement comporte un risque en capital.

Ce qui a changé, c'est l'accessibilité. Pendant longtemps, acheter des parts de SCPI nécessitait plusieurs milliers d'euros. Depuis quelques années, des plateformes permettent d'investir en parts fractionnées dès quelques centaines d'euros, voire moins. Certaines assurances-vie référencent aussi des SCPI en unités de compte, ce qui permet d'accéder à ce type d'actif dans une enveloppe fiscalement avantageuse.

La liquidité reste le principal point faible des SCPI classiques : revendre ses parts peut prendre du temps, parfois plusieurs mois. Il faut considérer ce placement comme une immobilisation d'au moins huit à dix ans pour en tirer le meilleur parti.

Le crowdfunding immobilier : rendements potentiels plus élevés, risques plus élevés

Le financement participatif immobilier consiste à prêter de l'argent à des promoteurs ou marchands de biens pour financer leurs opérations (construction, rénovation, achat-revente). En échange, vous percevez des intérêts fixes sur une durée déterminée, souvent entre douze et vingt-quatre mois. Les taux annoncés oscillent généralement entre huit et douze pour cent selon les plateformes et les projets.

C'est le placement de cette liste avec le rendement potentiel le plus élevé, et c'est aussi celui qui comporte le plus de risques. Les projets peuvent prendre du retard, les promoteurs peuvent rencontrer des difficultés financières, et dans les cas les plus sévères, le capital investi peut ne pas être intégralement remboursé. Les plateformes sérieuses publient leurs statistiques de défaut et de retard : c'est le premier indicateur à regarder avant d'investir.

Pour limiter l'exposition, deux principes s'appliquent : ne jamais mettre plus de cinq à dix pour cent de son capital sur ce type de placement, et répartir entre plusieurs projets plutôt que concentrer sur un seul. Les plateformes agréées par l'Autorité des Marchés Financiers (AMF) offrent un cadre réglementaire minimal. Vérifiez l'agrément avant d'investir.

Le point positif : les tickets d'entrée sont souvent bas (dès 100 à 500 euros selon les plateformes) et la durée d'immobilisation est courte comparée à d'autres placements immobiliers. Pour quelqu'un qui veut diversifier une partie de son épargne sur des horizons courts avec un profil de risque accepté, cela peut avoir du sens en complément.

Les ETF en DCA : la stratégie des investisseurs patients

L'ETF (Exchange Traded Fund, ou fonds indiciel coté) est un fonds qui réplique la performance d'un indice boursier : le CAC 40, le S&P 500 américain, le MSCI World qui regroupe des centaines d'entreprises du monde entier. Au lieu de choisir des actions individuelles, vous investissez dans l'ensemble de l'indice d'un seul coup, avec des frais de gestion très faibles (souvent moins de 0,25 % par an).

Le DCA (Dollar Cost Averaging, ou investissement progressif) consiste à investir une somme fixe à intervalles réguliers, par exemple 100 euros chaque mois, quelle que soit la situation des marchés. Quand les cours baissent, vous achetez plus de parts pour le même prix. Quand ils montent, vous en achetez moins. Cette mécanique simple lisse l'effet des à-coups de marché et évite le piège classique d'investir au mauvais moment.

Historiquement, les grands indices mondiaux comme le MSCI World ont délivré des performances moyennes annualisées autour de sept à dix pour cent bruts sur de longues périodes (vingt à trente ans). Ces chiffres sont des moyennes historiques, pas des garanties : les marchés peuvent baisser significativement sur des périodes de plusieurs années. C'est pour cela que les ETF en DCA s'adressent à des horizons longs, idéalement dix ans minimum, avec une capacité à ne pas paniquer lors des corrections.

Pour les loger, deux enveloppes fiscales existent en France : le Plan d'Épargne en Actions (PEA, plafonné à 150 000 euros, exonéré d'impôt sur les plus-values après cinq ans) et le compte-titres ordinaire (plus souple mais fiscalement moins avantageux). Plusieurs courtiers en ligne permettent d'ouvrir un PEA avec quelques dizaines d'euros et de programmer des versements automatiques mensuels. C'est probablement l'option la plus puissante sur longue durée pour quelqu'un qui commence avec de petites sommes. Pour aller plus loin sur la construction de revenus récurrents, le guide complet des revenus passifs réguliers détaille les mécaniques de capitalisation à long terme.

Diversification : ne mettez pas tous vos oeufs dans le même panier

Aucun des placements présentés ici n'est parfait pris isolément. Le Livret A protège mais ne fait pas fructifier. Les ETF sont performants à long terme mais peuvent baisser fortement à court terme. Le crowdfunding immobilier offre des rendements potentiels attractifs mais expose à un risque en capital réel. La vraie force d'un patrimoine, même modeste, c'est la combinaison de plusieurs de ces outils selon votre horizon, vos objectifs et votre tolérance au risque. Une règle de départ simple : épargne de précaution sur Livret A, épargne de moyen terme sur assurance-vie fonds euros, épargne longue durée sur ETF en PEA. Le reste (SCPI, crowdfunding) peut compléter une fois les bases solides.

PlacementMontant min.RisqueLiquiditéRendement indicatif
Livret A1 €Nul (garanti)Immédiate2 à 3 % (variable)
Assurance-vie fonds euros100 à 500 €Très faible (garanti)Bonne (quelques jours)1 à 3 % net/an
SCPI fractionnées200 à 1 000 €Modéré (risque en capital)Faible (marché secondaire lent)4 à 6 % brut/an*
Crowdfunding immobilier100 à 500 €Élevé (risque de perte)Nulle (durée fixe)8 à 12 % brut/an*
ETF en DCA (PEA)50 à 100 €/moisModéré à élevé (court terme)Bonne (cotés en Bourse)Variable (historique 7-10 %/an sur 20 ans*)

* Taux historiques ou indicatifs, non garantis. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Par où commencer concrètement ?

La question la plus paralysante est souvent la première : par quoi commencer ? La réponse dépend de votre situation personnelle, mais une séquence logique existe pour la grande majorité des cas.

Première étape : constituez une épargne de précaution. Trois mois de dépenses courantes sur Livret A ou LDDS, c'est le minimum pour investir sereinement. Tant que ce coussin n'existe pas, chaque imprévu vous forcera à puiser dans vos placements au pire moment.

Deuxième étape : ouvrez une assurance-vie. Même avec 100 euros, le fait d'ouvrir le contrat déclenche l'ancienneté fiscale. Dans huit ans, vous aurez accès aux abattements même si vous n'avez versé que peu. Choisissez un contrat sans frais sur versement, disponible chez la plupart des assureurs en ligne.

Troisième étape : si votre horizon est de dix ans ou plus, ouvrez un PEA chez un courtier en ligne et programmez un virement automatique mensuel sur un ETF MSCI World. Cinquante euros par mois, c'est suffisant pour commencer. L'important n'est pas le montant initial, c'est la régularité. Quelqu'un qui investit 100 euros par mois pendant vingt ans, avec un rendement moyen annuel de sept pour cent, accumule environ 52 000 euros. Avec 200 euros par mois, on double ce résultat. La durée et la constance comptent plus que le montant de départ. Vous trouverez d'autres leviers pour accélérer cette dynamique dans l'article réussir et devenir riche : tout le monde peut le faire.

Les SCPI en parts fractionnées et le crowdfunding immobilier peuvent venir en complément une fois que vous avez posé ces fondations. Ils diversifient et peuvent apporter des rendements supérieurs, mais ils ne remplacent pas les étapes précédentes. L'erreur classique est de chercher le rendement maximal en sautant les étapes : on investit en crowdfunding sans épargne de précaution, et on se retrouve obligé de vendre en urgence quand la voiture tombe en panne.

Cette séquence vaut comme cadre général, pas comme prescription : le bon support dépend de votre horizon de placement et du risque que vous acceptez réellement de porter. Pour confronter votre situation à un panorama plus large des placements disponibles, ce guide pour bien placer son argent passe en revue les critères de choix support par support.

Dernier point : la fiscalité n'est pas une raison de ne pas investir, mais c'est une raison de choisir les bonnes enveloppes. Livret A et LDDS sont exonérés. L'assurance-vie devient très avantageuse après huit ans. Le PEA est exonéré d'impôt sur les plus-values après cinq ans. En utilisant ces enveloppes dans le bon ordre, vous réduisez significativement la part qui part aux prélèvements, sans optimisation fiscale complexe.

À retenir

  • Commencez toujours par une épargne de précaution sur Livret A avant d'investir : c'est ce qui vous évite de tout revendre au mauvais moment.
  • L'assurance-vie fonds euros et le PEA sont les deux enveloppes fiscales à ouvrir le plus tôt possible, même avec de petits montants, pour déclencher l'ancienneté.
  • Les ETF en DCA sur un horizon de dix ans ou plus restent l'option la plus accessible et historiquement la plus performante pour les petits investisseurs réguliers.
  • SCPI et crowdfunding immobilier peuvent compléter un patrimoine déjà structuré, mais leur risque en capital est réel : ne jamais y concentrer l'essentiel de son épargne.